Travaux des chercheurs

 

Marcel NGUIMBI

Marcel NGUIMBI a écrit un article pendant la Vème Semaine congolaise de Philosophie, sous le titre « Pour l’éthique universelle : le sens de l’Absolu », paru dans Ethique et Politique, Paris, éditions Paari, juin 2003, pp. 61-70. Cet essai de réflexion donne de comprendre que, au contraire de la « loi morale », qui est d’ordre théorique et d’application quasi-universelle, le « sens éthique », qui est d’ordre pratique, est d’application quasi-particulière, au point qu’on ne saurait concevoir d’ « éthique universelle » que pour l’Absolu.

 

Cet auteur a également écrit une Note de commentaire sur Karl Popper ou le rationalisme critique de Renée Bouveresse, parue dans les Annales de l’Université Marien Ngouabi, volume 4 – N°1 – Année 2003, pp.52-59.

Renée Bouveresse explicite le mouvement épistémologique de la pensée méthodologique de Popper, qui s’étend de la science à la politique ; une pensée qui s’élève de la méthodologie à la métaphysique, en en soulignant la lacune fondamentale que constitue le « paradoxe méthodologique » que, du reste, elle manque de circonscrire.

Dans le même contexte, il a rédigé une Note de lecture sur La Mondialité entre histoire et avenir, du Professeur Charles Zacharie Bowao, texte préfacé par le Professeur Souleymane Bachir Diagne, Paris, éditions Paari, août 2004. Le Professeur congolais est conscient de ce qu’il est nécessaire de faire prendre conscience à la nécessité de devenir « citoyen de l’universel » dans ce précieux temps de la « mondialité », plutôt que de se cantonner dans une identité mondialiste à bon marché, et dont, fort curieusement, on manque de saisir le réel enjeu qui devrait être celui de revendiquer une autre forme de mondialisation où nous agirions non plus du dehors, mais du dedans : nous formons une seule et même humanité dont le destin ne saurait se distinguer de celui de notre planète.

 

 

Etanislas NGODI

L’auteur est de plus en plus orienté dans les thématiques problèmes stratégiques contemporains de l’Afrique. Il a publié dans le site du Réseau Grands Lacs de l'IUED deux articles pertinents qui peuvent être téléchargés : Globalisation, violence et reconstruction post- conflit dans la Région des Grands Lacs et Alliance et mésalliance dans le conflit en République démocratique du Congo.

 

Dans sa communication sur Conflits et reconstruction en Afrique, présentée lors de la 10e Assemblée générale du CODESRIA, Kampala, Ouganda demeure très critique sur la situation conflictuelle en Afrique. Il distingue dans un premier temps les types de conflits que le continent noir a connu. Il s’agit des conflits liés au prolongement de la colonisation (Afrique lusophone, Algérie) et aux tentatives de la sécession au Katanga (1960-1963), Biafra(1967-1969) et dans une certaine mesure en Casamance et au Cabinda, les conflits frontaliers suscités à propos du partage des ressources naturelles (gisements pétroliers, eau...), aux bénéfices crées par les aménagements hydrauliques, sur la propriété et le mode de gestion de la terre et enfin les nuisances créées par les différences des politiques économiques. Le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée et celui qui opposa le Tchad à la Libye à propos de la bande d'Aouzou sont autant d’illustrations, les conflits étaient liés essentiellement au contrôle des zones de matières premières comme le diamant (Angola, Sierra Léone , RD Congo) ou le pétrole (Congo, Tchad, Soudan, ) et les conflits dits ethniques (Rwanda, Burundi) et la lutte pour le pouvoir en Somalie, au Soudan, au Libéria, en Guinée...

 

Faut-il envisager des solutions séparées pour chacun des cas évoquées?

 

Nous souhaitons seulement que l'Union africaine devienne un cadre de développement régional dans la prévention et le règlement pacifique des différents conflits. En fonction des menaces potentielles, l'Union africaine doit élaborer une stratégie de localisation des forces de paix. La question de coordination avec les mécanismes sous-régionaux existants devra être réglée: renforcement des capacités africaines de maintien de la paix, Recamp de la France, l'African Center for Security Studies des USA ou le BMATT de la Grande Bretagne. L'Union africaine devra régler les problèmes de développement, s'activer à la démocratisation du continent, éteindre les foyers de tensions du continent et oeuvrer pour la réalisation des objectifs poursuivis par l'ONU dans le règlement pacifique des différends. Elle doit également se fonder sur une union économique. Le NEPAD s'inscrit dans les mêmes ornières. La crédibilité et l'efficacité de l'Union africaine seront fonction de la bonne volonté des chefs d'Etats et gouvernements et tous les citoyens africains.

 

Son article sur la musique et la promotion de la culture africaine présenté lors du 3e Annuel Hawaii Conférence Arts and Humanities 13- 16 janvier 2005, Honolulu, Hawaii, USA est à bien d’égards pertinent.

 

Les arts et les humanités d’Afrique sont au centre de la promotion des valeurs culturelles. Cette longue histoire est pleine d’images, d’idées, de sons et d’imagination. Les pratiques culturelles ont été secouées par les transformations politiques survenues sur le continent noir ces derniers siècles. Les auteurs qui ont fait le bilan de la situation de l’Afrique décrivent un continent trahi, désenchanté, déboussolé, étranglé ou martyrisé.

 

Il est de notoriété publique que la musique constitue un vecteur direct, accessible à une majeure partie de la société. Sur le cas africain, plusieurs études ont scruté les sources d'inspiration , la valeur intrinsèque , son apport dans la construction du leadership africain, sa thématique et ses enjeux économiques. Dans le cadre de cette communication, nous mettrons un accent particulier sur le rôle de la musique dans la promotion de la culture en Afrique. Dans la quête de l’identité culturelle africaine, la musique a une responsabilité majeure. Il n’est que d’observer les moments de grande intensité collective des communautés des peuples en Afrique pour saisir l’importance du phénomène musical.

 

Dans le cadre des Enjeux de la FPAE, cet auteur a publié les articles suivants : Economies de prédation et logique de temps en Afrique centrale. Le cas des deux Congo , Enjeux n°19, avril - juin 2004 ; Musique dans l'imaginaire populaire. Le cas des deux Congo , Enjeux n°20, juillet - septembre 2004 ; Prophétisme et charisme politico- religieux au Congo Brazzaville , Enjeux n°21, octobre - décembre 2004 et Politique de puissance et recompositions internes en Afrique centrale, FPAE, Yaoundé , Enjeux n°22, janvier - mars 2005. Ces articles peuvent être commandés à la FPAE en écrivant à l’adresse suivante : fpae@globalnet.cm

 

 

MISSIE Jean Pierre

Jean Pierre MISSIE est un auteur engagé dans les recherches en sciences sociales. Dans son article sur Exclusion sociale et violence juvénile au Congo – Brazzaville 1992 – 2002, paru dans la Revue africaine des Sciences sociales et Humaines, n°3, 2003, pp.43-63, l’analyse qui consiste à expliquer la présence massive des jeunes dans les guerres et autres actes violents est trompeuse lorsqu’elle évoque comme facteurs les antagonismes ethniques.

 

Il s’agit plutôt de considérer la violence en relation avec le contexte politico-économique. Autrement dit les promesses d’emploi ou d’amélioration des conditions de vie non tenues par les dirigeants politique dont le train de vie (y compris de leurs proches) contraste avec une précarisation croissante, une dégradation de la situation socio-économique (déscolarisation, chômage, pauvreté, déclassement, en un mot exclusion sociale) constitue un terreau favorable à la production de toutes formes de stratégies de survie. Non seulement à la re-recréation par le moyen de l’ethnie du lien social perdu, une ethnie qui devient ainsi un instrument de mobilisation collective en vue d’améliorer sa situation mais également à l’éclosion d’une culture de la violence qui est une culture milicienne. Celle-ci inverse les valeurs sociales et introduit de nouvelles contre-valeurs. En d’autres termes dans leurs stratégies d’insertion socioprofessionnelle, les jeunes recourent aussi bien au métier des armes qu’au pillage comme mode particulier d’accumulation des capitaux économique et social.

 

Dans une analyse sur Construction identitaire et violence politique au Congo : le rôle des leaders, publié dans les Annales de l’université de Lomé, tome XXIII, 2003 pp.221-241,il démontre que les changements politiques de la fin des années 1980 qui étaient censés arrêter la violence ne l’ont pas faits . Mais l’on observe au contraire que la démocratie (à travers l’organisation des élections) est plutôt source d’affrontements interethniques. Toutefois, les facteurs de production et de reproduction de la logique ethniciste et de la violence dans le champ politique sont à rechercher du côté des leaders. Ceux-ci, dans la lutte pour la conquête ou la conservation du pouvoir politique utilisent massivement comme stratégie, le recours à l’ethnicité.

 

La construction identitaire (ethnicité politique) inaugurée par les leaders de la première expérience démocratique (1945-1963), et entretenue sous le règne monolithique du pouvoir marxisant (1964-1991) conserve encore son efficace même si cela n’explique pas les motivations profondes. En effet, la volatilité des leaders et la variation cyclique du schéma oppositionnel (tantôt binaire, tantôt ternaire) en fonction des origines des candidats d’envergure montrent qu’il s’agit plutôt des intérêts que confère le pouvoir, source d’accumulation matérielle et symbolique.

 

Au delà de cette analyse, le problème qui est ici posé est celui de la pertinence de la démocratie pluraliste au Congo. En considérant que toute victoire électorale est fonction du nombre de voix, dans le contexte de l’ethnocratie congolaise, la vacuité démographique du nord qui contraste avec l’explosion du sud pourrait signifier, en cas d’élections ‘’libres et transparentes’’, une victoire pérenne des candidats issus du sud et une exclusion permanente des candidats originaires du nord. Cette frustration pourrait justifier le recours permanent à la violence par les candidats issus du nord.

 

L’article sur Religion et identité ethnique. Les Eglises de réveil au Congo, paru dans L’Etre et Lettres de l’Université Marien Ngouabi est pertinent au regard des questions abordées.

 

L’ethnicité est souvent évoquée lorsqu’on parle de compétition politique. Or elle touche toute la société qui elle socialise ses membres en intégrant cette donne. Par contre la religion chrétienne prône l’amour, l’unité, la réconciliation. C’est pourquoi elle est sollicitée par tous y compris par le pouvoir politique pour assurer la médiation entre belligérants. Est-elle pour autant exemptée ?

 

Tout en tenant compte du contexte de précarité socio-économique qui suppose le recours à des stratégies de survie, nous montrons à partir d’une enquête sur le terrain sur les chrétiens "engagés", que les habitus primaires (en tant qu’histoire incorporée) basée sur l’ethnicité résistent, ne cèdent pas facilement la place à l’habitus chrétien. L’on peut ainsi observer une différence significative entre d’une part les églises de l’œcuménisme institué, plus anciennes et plus marquées par l’ethnicité et d’autre part les églises nouvelles dites de réveil où le phénomène est sous-jacent parce que dominées par les problèmes quotidiens de lutte pour la survie ou l’accès à la modernité.

 

Jean Pierre MISSIE dans son article Dépérissement de l’Etat et stratégies de survie en Afrique centrale : le cas des exclus sociaux du Congo Brazzaville dresse un regard aussi critique de la situation de crise des populations pauvres. Le constat que l’on peut faire en Afrique est celui de l’écart considérable entre les détenteurs du pouvoir politique et les gouvernés. La situation socio-économique caractérisée par la pauvreté qui crée la marginalité ou l’exclusion sociale entraîne une inversion de la stratification sociale, autrement dit une dévaluation sociale des catégories qui faisaient jadis partie de l’élite (instituteurs, professeurs des lycées…).

 

Face à cette situation d’exclusion, au Congo chaque acteur social, chaque exclus élabore des stratégies de survie et/ou de reproduction. D’où une fertilité de l’imagination qui génère une culture de la miniature. Toute denrée se vend ou s’achète en morceaux ou en tranches. Cette fertilité se lit également à travers une floraison des activités relevant du secteur informel.

 

Elle se fait sous le registre du surtravail (multiplication des sources de revenus) ; reconversion professionnelle régressive ; déviance (pillage, racket…) ; de prise de risque pour la santé ; d’appel à la solidarité communautaire. Le recours à l’univers du croire s’inscrit également dans cette recherche de solution à l’exclusion. Aussi les exclus sociaux sont-ils soit des complices consentants de leur propre exploitation, soit des personnes résignées.

 

L’article sur conflits et résolution des conflits au Congo-Brazzaville-1992-2002 fait le point des fora de réconciliation nationale consécutives aux différents conflits qui se sont déroulés au Congo Brazzaville depuis la fin de la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Notre objectif est de montrer qu’au-delà du visible et de l’ostentatoire en ce qui concerne la résolution des conflits, l’analyse des mécanismes sous-jacents, des motivations réelles des acteurs politiques révèle une tendance à la restauration de l’ordre ancien, à la reproduction des logiques de conquête ou de conservation du pouvoir éprouvées sous l’ère monolithique. En d’autres termes, la résurgence cyclique du couple conflit-forum de réconciliation qui caractérise l’évolution politique du Congo laisse apparaître que le forum est un moment de la lutte politique. Il constitue une stratégie et/ou un lieu d’expression des stratégies des acteurs politiques. Ceux qui sont en position de force cherchent ainsi à légitimer leur pouvoir. Les autres négocient au contraire un renversement des rapports de force ou simplement une position moins ‘’inconfortable’’.

 

Enfin, dans sa recherche sur l’élite congolaise au pouvoir. Restauration ou changement l’auteur analyse la nature de l’élite congolaise au pouvoir des quinze premières années du retour à la démocratie. En partant de la théorie de Vilfredo Pareto qui postule que toute société est caractérisée par la nature de son élite gouvernementale et sur le fait que la Conférence Nationale Souveraine de 1991 avait impulsé un changement démocratique, nous voulons montrer q’au delà de l’évolution qualitative (niveau de formation) de l’élite congolaise, les changements se font attendre. Dans la lutte politique qui se déroule au sein de cette couche se dégage deux types de stratégies :les stratégies de conservation et les stratégies de subversion. Les premières usitées par les caciques de l’ancien parti unique revenus aux affaires tendent à reproduire la culture politique monolithique.

 

Les derniers luttent a contrario pour la dévaluation des normes monolithiques et donc, le renversement des rapports de force. Mais ils sont vaincus d’avance parce que n’étant pas organisés et parce que membres des mêmes partis-ethnies. GOMA THETHET Joachim Les principaux centres d’intérêt en matière de recherche de cet auteur porte sur : le nationalisme et l’idéal panafricain, la démocratie, les droits de l’homme et le développement dans l’Afrique post-colonial. La lutte nationaliste motivée par la quête de l’indépendance et de l’unité des peuples africains a abouti, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, aux indépendances des années 1960. Les nouveaux dirigeants africains avaient la mission de relever le défi d’une indépendance pérenne afin que les peuples africains en tirent réellement profit. Malheureusement les réalisations nationalistes post-indépendance des hommes politiques, qui ont hérité du pouvoir étatique, n’ont pas permis la concrétisation du rêve panafricain. La cristallisation d’une multitude de problèmes politiques, économiques et sociaux est venue défier les Etats- nations africains. Ses recherches s’inscrivent donc comme une relecture de l’expérience du nationalisme et de l’idéal panafricain dans le contexte africain actuel marqué par : l’appel à la coopération régionale et aux projets d’intégration ; le passage de l’OUA à l’UA ; la résurgence des micro-nationalismes et de la xénophobie du fait des conflits à l’intérieur des Etats ou entre des Etats voisins ; l’accélération de la mondialisation sous le sceau de la Pax Americana post guerre froide. Le second thème n’est en réalité qu’un succédané du premier. Nous avons mis l’accent, ici, sur l’Afrique centrale comme cadre géographique d’analyse.

 

Ces recherches ont abouti à des publications ou à des articles en voie de publication : « Le NEPAD et les défis actuels des jeunes africains », in Revue africaine des sciences sociales et humaines, n° 3, septembre 2003 intitulé : Jeunesse africaine et les défis du XXIè siècle, p.5-20. « Cheikh Anta Diop et l’avenir de l’Afrique (une relecture des fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire) », à paraître dans un ouvrage collectif du CODESRIA sur le panafricanisme, sous le direction du professeur Thierno Mouctar Bah. « Les relations France-Saint-Domingue/Haïti de 1789 à 1991 : Quelles leçons pour le panafricanisme ? », in Revue d’Education Comparée et des Relations Internationales en Afrique, vol. 6, n°s 1-5 (à paraître en avril 2005). ”Alliances in the Political and Electoral Process in the Republic of Congo from 1991 to 1997”, in Tukumbi Lumumba Kasongo (dir.) Liberal Democracy and Its Critics, London, Zed Books. (à paraître en août 2005).

 

L’auteur dans son article sur « Le NEPAD et les défis actuels des jeunes africains », y fait un bilan controverse de la situation de l’Afrique. Pour lui, l’Afrique est considérée du point de vue démographique comme un continent jeune. Et du fait donc de son potentiel de croissance démographique, la jeunesse africaine a aujourd’hui un poids considérable dans la jeunesse du monde. Cette donnée géopolitique incontournable commande donc aux Etats africains d’avoir un regard particulièrement attentif sur les préoccupations des jeunes africains.

 

Après avoir recensé ces préoccupations (dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi), qui sont autant de défis à relever, nous les confrontons à la nouvelle initiative africaine pour le développement (le NEPAD) adoptée à Abuja en octobre 2001.

 

La question centrale est donc de savoir si le NEPAD peut les relever. Dans le domaine de l’éducation, le NEPAD peut-il d’une part combler l’écart, en la matière, entre le continent et le reste du monde, afin que l’Afrique parvienne à une éducation primaire universelle d’ici à l’an 2015 ? Et d’autre part, peut-il inverser la tendance à la fuite des cerveaux dont est de plus en plus victime le continent ? Dans le secteur de la santé, l’accès de tous, et particulièrement des jeunes, à la santé physique et mentale peut-il être assuré, afin d’éviter que l’énergie des jeunes ne puisse être détournée vers la destruction de la vie et du patrimoine national ? A l’heure des technologies de l’information et de la communication (TIC), le NEPAD est-il capable de donner des moyens aux jeunes africains pour accéder à ces technologies, pour les maîtriser et se les approprier, au lieu d’envisager l’accès aux TIC sous l’angle de la simple consommation ? Voilà autant de questions auxquelles essaie de répondre cet article qui s’appuie sur l’histoire économique immédiate du continent.

 

L’article sur ”Alliances in the Political and Electoral Process in the Republic of Congo from 1991 to 1997”, est une demonstration des imbrications intervenues dans le champ politique congolais au début des années 1990. De 1991 à 1997, la vie politique congolaise s’est articulée autour de trois partis politiques : le Parti Congolais du Travail (PCT), ex parti unique, de Denis Sassou Nguesso, l’Union Panafricaine pour la démocratie Sociale (UPADS de Pascal Lissouba et le Mouvement Congolais pour la Démocratie et le Développement Intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas. Dans la perspective d’accéder au pouvoir, ces partis ont été amenés à conclure des alliances. Celles-ci ne se fondent ni sur des bases idéologiques ni sur des projets de société, mais essentiellement sur des intérêts conjoncturels ou opportunistes des leaders : les adversaires d’hier devenant subitement de nouveaux alliés.

Cette étude montre, en s’appuyant sur l’histoire politique immédiate du Congo, comment se sont faites ces alliances politiques. Elle recherche quel sens donner à ces alliances et quel rôle ont-elles jouer dans les événements dramatiques qui ont secoué le Congo de 1991 à 1997.

 

L’article sur « Les relations France-Saint-Domingue /Haïti de 1789 à 1991 : quelles leçons pour le panafricanisme ? » est aussi pertinent. Les révolutionnaires français ont adopté en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Les principes de cette déclaration considérés comme universels, ne s’appliquèrent malheureusement pas aux Noirs des colonies. Cela a conduit Saint-Domingue dès 1791 dans un cycle de violences qui a abouti à son indépendance le1er janvier 1804. La célébration en 2004 du bicentenaire de l’indépendance de Haïti a donné l’occasion de réfléchir sur les relations qui ont prévalu entre la France et son ancienne colonie de 1789 à1991. La réflexion s’articule autour de trois grands points : l’attitude des révolutionnaires français vis-à-vis de la question de l’émancipation des Noirs de Saint-Domingue de 1789 à 1804 ; l’attitude de la France vis-à-vis de Haïti de 1804 à 1991 ; les leçons à tirer de ces relations notamment pour le panafricanisme.

 

« Cheikh Anta Diop et l’avenir de l’Afrique (une relecture des Fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire) »

 

Recensant les potentialités économiques et culturelles de l’Afrique, Cheikh Anta Diop a posé en 1960 les fondements d’un Etat fédéral d’Afrique noire. Aujourd’hui, plus de quarante ans après sa publication, ce projet politique est-il toujours valable ? Ou tout au moins quels enseignements peut-on y tirer au regard des initiatives africaines actuelles : l’Union africaine et le NEPAD ?

 

Cet article essaie de répondre à ces questions, en proposant trente un ans après la seconde édition de cet ouvrage (1974), sa relecture. Il s’articule autour de trois points. Dans la ligne directrice des travaux de Cheikh Anta Diop, le premier point montre la nécessité pour les Africains de se réapproprier l’histoire africaine. Cheikh Anta Diop assigne un objectif final à ses travaux d’histoire : l’unification politique de l‘Afrique. Celle-ci est la condition sine qua non pour assurer son indépendance. Ce deuxième point donne l’occasion non seulement de passer en revue le concept d’unité aussi bien chez Cheikh Anta Diop que chez d’autres Africains, mais surtout de relire les Fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire à la lumière du document du NEPAD adopté en 2001 à Abuja. Le dernier point montre l’impact des travaux de Cheikh Anta Diop au sein de la communauté africaine-américaine à partir des années 1980. L’afrocentrisme qui y a pris corps a inculqué aux Africains de la diaspora une vision plus optimiste et plus solidaire de l’Afrique et de la diaspora.

 

 

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