| COMMENTAIRE D’HISTOIRE
« Des jeunes filles de dix à vingt ans sont forcées
de travailler depuis quatre ou cinq heures du matin jusqu’à dix
heures du soir, même jusqu’à minuit, très souvent sous
prétexte que l’ouvrage presse, on leur fait passer la nuit entière.
Quant à se plaindre, il ne faut pas que les malheureuses victimes
y songent, car pour toute réponse, ce sont des coups et des injures
qui attendent. Ajoutez à tout cela une nourriture
mauvaise et insuffisante et vous aurez le tableau réel
et sans exagération des trois quarts des ateliers de dévidage
où l’on occupe des apprenties et des filles à gages. »
Lettre au préfet du Rhône Publiée par le " Progrès
" le 1er avril 1870, dossier nº 6
QUESTIONS
1 - Donnez un titre au texte
2 -Ce texte illustre quelques traits de la condition ouvrière
au XIXe siècle en Europe : Dégagez-les. En connaissez-vous
d’autres ?
3 -La misère ouvrière a inspiré à certains
théoriciens une nouvelle vision du monde. Définissez-la.
4 -quelles ont été les moyens de luttes adoptées
par la classe ouvrière pour améliorer ses conditions de vie
?
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CORRIGE DU SUJET N°9
Introduction: Ce texte est l’extrait d’une lettre anonyme,
adressée au préfet du Rhône. Elle est publiée
sous le dossier nº 6 par le "Progrès" et son auteur a été
très sensible aux mauvais traitements infligés aux jeunes
filles dans un atelier de filature en France, pendant la révolution
industrielle du XIXe siècle.
1- Comme titre du texte : Le Travail des Jeunes Filles.
2- Partout en Europe au XIXe siècle, les ouvriers
vivaient dans des conditions très difficiles. Surtout le travail
des femmes et des enfants était généralisé.
Les ouvriers étaient exploités,
avec un salaire de misère. Ils ne cessent de voir
leur nombre croître dans les quartiers pauvres et insalubres. Les
familles ouvrières nombreuses ont un niveau de vie très bas
et n’avaient que leur force à vendre au patron. A l’époque
un ouvrier percevait 15 francs comme salaire, une ouvrière 5,5 francs
et un enfant de neuf ans gagnait la moitié du salaire de la femme.
3- Des théoriciens comme Charles fourrier, Joseph
PROUDHON, Saint SIMON…. furent touchés par la misère ouvrière
et ont fait appel à l’humanisme, à la générosité
et l’esprit de justice des bourgeois. Ce sont des utopistes voulant des
réformes et non des changements. Le socialisme scientifique et révolutionnaire
de Karl MARX et de Frédéric ENGELS préconisent aux
ouvriers que la victoire sur la bourgeoisie s’obtient par la violence c’est
à dire une révolution prolétarienne.
4- Les ouvriers, organisés, formés et informés
dans les syndicats et soutenus par les partis révolutionnaires prendront
conscience de leur force. Leurs moyens de lutte sont entre autres :les
grèves limitées ou illimitées, les révoltes,
le boycottage des produits, le chantage, enlèvement ou prise d’otage…..
Conclusion: A travers ce texte l’auteur anonyme a réellement
décrit le tableau dans les ateliers de filature. Les conditions
matérielles et morales changeront avec le mouvement syndical et
le socialisme.
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