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En
Afrique subsaharienne l’outil informatique est au stade embryonnaire. Tout
le monde n’a pas accès et toutes les écoles ne sont pas dotées.
Seules les écoles spécialisées ou celles qui ont établi
de bonnes relations partenariales possèdent un certain environnement
internet. Dans ces conditions quel doit être le processus de l’apprentissage.
Nous proposons une novelle école où l’apprentissage se réalise
« hors des 4 murs de la classe ».
L'enseignement
de l'histoire et de la géographie est beaucoup plus centré
sur la théorie, le verbalisme. Il n'est pas axé sur l'activité
de l'apprenant. Le professeur est considéré comme un temple
de la connaissance. Il propose des faits et des phénomènes
préétablis. Il n'existe pas un processus fiable aboutissant
à leur découverte et leur compréhension. La capacité
de réflexion des élèves se limite à la connaissance
livresque, ne suscitant aucun déploiement, aucun désir ni
engouement pour ce monde en changement autour d'eux. Entre les quatre murs
d'une salle de classe, l'enseignement des disciplines est figé,
il, n'est pas dynamiques. En cassant ces 4 murs c'est à dire
une fois de la classe les élèves pourront scruter les faits
et phénomènes, leur changement et leur transformation. Il
pose le pourquoi des choses qui s'offrent à leurs sens. C'est en
ce moment que les deux disciplines cessent d'être des dogmes enseignés
entre les quatre murs d'une classe. Au Burkina Faso comme partout ailleurs
en Afrique subsaharienne, il est temps ces disciplines d'éveil recouvrent
leur droit. C'est par l'observation, la localisation que l'apprenant peut
poser le pourquoi des phénomènes afin de les comprendre par
l'explication appuyée du maître. On satisfait du coup les
besoins des enfants, car en tout état de cause l'enseignement de
nos jours, dans la recherche des solutions aux problèmes, doit se
pencher sur la satisfaction des besoins de l'apprenant. On lui pose des
problèmes propres à lui, à son environnement. Cette
activité demande sa participation concrète, libre et consciente.
En exprimant ses besoins, l'élève doit être encadré,
aidé à résoudre les problèmes qui lui sont
posés.
C'est
ainsi qu'il pourra se déployer le vaste champ de la connaissance
et de la découverte de son milieu.
Cette
nouvelle vision de l'éducation met en cause l'enseignement actuel.
En classe, dans le triangle pédagogique(savoir, professeur, élève)
le savoir et le professeur constituent les sujets tandis que l'élève
est mis à l'écart. Dans l'action pédagogique, s'articule
un lien privilégié entre le savoir et le professeur. Entre
les 4 murs l'enseignement se résume au cours magistral ; on fait
de l'apprenant un bourre tout. De ce point de vue on peut faire un parallèle
entre culture et éducation. Comme "on cultive des plantes, des arbres...
on fait de même pour les esprits. Le maître est en ce moment
synonyme de jardinier pour les élèves". "On leur fournit,
on les nourrit... on les détruit, on les débarrasse, on les
taille bref on agit de mille manières... on leur fait comprendre".
Cette métaphore révèle ici la déroute, l'erreur
pédagogique de la méthode traditionnelle expositive, impositive,
frontale en matière d'enseignement. Elle fait du prof un activiste
forcené qui parle des savoirs, procède à des démonstrations
incessantes, annonce, répète explique et oublie selon Roncière
que" le meilleur moyen d'interdire à quelqu'un d'apprendre quelque
chose c'est de lui expliquer". Pendant que le maître parle l'élève
ne doit plus être la plante enracinée gentiment immobile silencieux
et solitaire. L'élève doit être son propre jardinier
et "l'aider consiste à lui fournir l'araire adéquat pour
qu'il s'atèle lui-même. Il devient une personne parlante et
agissante". L'élève, l'ados, l'enfant se trouvent dans une
phase de latence où les pulsions sexuelles ne se manifestent pas.
L'apprenant est alors capable de sublimer un objet et le valoriser socialement
; l'objet sexuel reste caché. L'enfant se détourne des forces
sexuelles pour des forces sociales d'où la sublimation. "L’énergie
libidinale se met au service de la pulsion épistémophélique"
c'est à dire la passion du savoir. Entre les 4 murs les enfants
assis dans leur lassitude, risquent de réveiller cette force latente.
Dans l'enseignement extra muros, l'enfant construit lui-même son
modèle et cesse d'être un sujet hétéro modèle.
Dans son apprentissage auto modélisant l'enfant a besoin du maître
pour démarrer, entretenir, soutenir, développer cette auto
construction ou auto apprentissage.
En
Afrique en général et dans la zone sud-saharienne en particulier
l'économie est agropastorale. L'enfant étant le fruit de
son milieu physique et social, il convient de le mettre en contact direct
avec lui. A mon avis, le développement pourrait venir de cette nouvelle
école pour les enfants. Mais sa réalisation recommande une
synergie de tous les partenaires du monde de l'éducation. Il existe
un lien étroit entre éducation et développement et
on ne risque rien en affirmant qu'elle demeure l'un de ses éléments
fondamentaux. Selon Simon Homer dans Dossier Education tiré du COURRIER
ACP-UE (1994) "l'éducation permet aux individus et aux sociétés
de valoriser leur potentiel, d'élargir leurs horizons et de s'adapter
à un monde en mutation''. Les NTIC constituent un outil privilégié
pour sensibiliser tous les intervenants de l'éducation.
Ces
pages constituent une modeste contribution à l'oeuvre de l'éducation
en Afrique subsaharienne, au service des élèves initiés
ou non aux TIC. Ils y découvriront des bribes de connaissances susceptibles
de changer leurs comportements hors des quatre murs d'une classe. Notre
réflexion s'adresse également aux enseignants et aux partenaires
de l'éducation dans leurs élans de recherche quotidienne
de l'excellence. Vos critiques et suggestions sont les bienvenues.
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