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La zone du projet qui couvre les Cantons de Kakpa et Yikpa constitue la partie Ouest et Sud de la préfecture de Danyi avec comme chef-lieu le village de Danyi-Apéyémé, situé à 95 km au Sud-ouest de la ville d’Atakpamé, Chef-lieu de la Région des Plateaux.
La préfecture de Danyi est distante de Lomé la Capitale du Togo de 145 km. On y accède par Kpalimé distante de Lomé de 118 km. La distance Kpalimé-Danyi est de 18 km.
La distance entre les villages concernés dans le cadre de ce
projet varie de 3 à 12 km.
DESCRIPTION GEOGRAPHIQUE
La préfecture de Danyi est limitée au Nord par les préfectures de Wawa et d’Amou, au Sud et à l’Est par la préfecture de Kloto et à l’Ouest par le Ghana.
La préfecture de Danyi a une superficie de 387 km2 et une population d’environ 35 734 habitants soit une densité de 92 habitants / km2 . Elle est décomposée en 4 cantons (Atigba, Kakpa, Yikpa, Ahlon) et un village autonome Elavagnon.
La zone du projet (cantons de Kakpa et Yikpa) est montagneuse et très accidentée.
DESCRIPTION GENERALE DES CONDITIONS SOCIALES ET ECONOMIQUES DE LA ZONE DU PROJET
a) Nombre d’habitants
Les cantons de Kakpa et Yikpa comptent une population de plus de 13 000 habitants.
b) Caractéristique physique
Les cantons de kakpa et Yikpa sont situés dans une zone montagneuse (800 m) très accidentée. On y rencontre une diversité de végétation (forêt galerie et de montagne avec des essences telles que le Kaya grandi folia, le chlorophora excelsa, le terminalia superba, le vitex cuniata, le parkia bigbobosa et l’adanssonia digitata) et un type de sols ferralitique très épais non indurés de très bonne productivité. La région est abondamment arrosée durant toute l’année avec une pluviométrie de 2000 mm, ce qui favorise l’approche de la nappe phréatique de la surface du sol.
c) Principales saisons climatologiques
Le climat est de type guinéen caractérisé par deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches.
La grande saison pluvieuse : se situe entre mai et juillet
La petite saison pluvieuse : va de septembre à octobre
Les grande saison sèche : de novembre à avril
La petite saison sèche : de juillet à août.
d) Conditions économiques
Sur le plan économique, le milieu est essentiellement agricole.
La population à 55 % paysanne vit de:
- culture de rente ; café, cacao ;
- culture vivrière : maïs, manioc, taro, riz haricot, etc
- l’élevage, l’artisanat et la commercialisation de denrées
alimentaires.
L’agriculture est généralement pratiquée par les
hommes, les femmes et les jeunes-gens.
La jeunesse (70 % de la population) constitue la majorité dynamique
du secteur agricole.
Les femmes en plus de leurs activités agricoles font le commerce des produits vivriers et en échange achètent les produits de premières nécessités (sucre, savon, pétrole sel etc…)
Le secteur informel est composé de maçons, de menuisiers,
de forgerons.
L’élevage est de type traditionnel avec la divagation des animaux
qui génère souvent des tensions entre les individus.
Les habitudes alimentaires sont la pâte de maïs, le riz,
l’igname, le manioc en tranches ou pilé du haricot.
e) Conditions sociales
Le genre de logement est se type regroupé reconnu aux habitants du sud du Togo.
Le nombre de personne par famille va de 7 à 9 personnes étant donné que certains familles adoptent le régime de la polygamie.
Le degré d’alphabétisation est inférieur à 30 % tandis que celui de scolarisation est de 65 % pour l’ensemble du pays. Sur le plan sanitaire et d’hygiène, la population se soigne aux dispensaire de Yikpa Annnnyigbé pour le canton de Yikpa et aux dispensaires de Danyi N’digbé et de Koudjragan pour le canton de Kakpa.
A part les IST / SIDA les maladies souvent rencontrées dans ce milieu (les parasitoses, le paludisme, la fièvre jaune et autres) proviennent du manque de sanitaires et surtout de la pollution de l’eau de consommation par les défections humaines et animales que l’eau de ruissellement y apporte.
Le milieu manque d’installation électrique. Le transport et la
communication y sont néanmoins favorisé grâce
à la situation des villages à proximité d’une route
bitumée à moyenne circulation.
Le monde entier et surtout l’Afrique est aujourd’hui confronté à une catastrophe sociale, le SIDA, une pandémie qui frappe tout le monde sans distinction. Le tableau récapitulatif de l’infection au VIH/SIDA dans le monde à la fin de l’année 1999 place les pays africains au Sud du Sahara à la tête des pays les plus touchés par l’épidémie du SIDA dans le monde.
Le Togo malheureusement a enregistré depuis le début de l’épidémie 10 824 cas de SIDA déclaré et compte de nos jours plus de 200.000 séropositifs malgré les efforts du Programme National de lutte contre le SIDA/MST et des Associations/ONG.
Les conséquences démographiques, économiques et sociales de cette épidémie sont très lourdes car ce sont les couches sociales sexuellement actives et économiques productives qui sont les plus touchées.
Il s’agit de ce fait d’un véritable problème de santé publique, de société qui freine les efforts énormes consentis pour promouvoir le progrès économique et social et la santé pour tous, bref, il s’agit d’une véritable tragédie du développement.
Ce projet est le fruit d’une séance de travail et de réflexion sur les problèmes d’un développement durable organisée par les natifs les ressortissants des cantons de Yikpa et Kakpa de la préfecture de Danyi en collaboration avec les Comités Villageois de Développement des localités desdits Cantons et de l’ONG CEINTURE VERTE PAR L’AUTOPROMOTION (C.V.A).
Les résultats des travaux de cette séance ont révélé que en dehors des contraintes au développement durable identifiés, notamment le paludisme, la marginalisation des femmes, la désertification, la dégradation des écosystèmes sensibles, la grande majorité de la population demeure inconsciente de l’impacte des épidémies des IST/SIDA sur l’agriculture. L’analyse a également démontré que la population ignore totalement que la maladie et la mort privent l’agriculture du plus indispensable des capitaux : la force de travail.
Fort de ce constat un accent particulier a été mise sur une action d’éducation et de sensibilisation en vue de permettre à la population de se mettre à l’abri de ce fléau le SIDA, ruine des agriculteurs.
Il est donc clair que le choix de cette zone pour ce projet n’est pas un hasard car même si l’épidémie du SIDA se propage plus rapidement en ville qu’à la campagne, son impact est toujours plus violent dans les zones rurales car de nombreux citadins et travailleurs saisonnier retournent au village pour se faire soigner et s’ajoutent aux victimes locales. Aussi du fait d’être excentrées par rapport à la capitale, aux grandes villes et centres commerciaux, ces zones frontalières n'ont pas souvent été le cadre privilégié des activités relatives aux VIH/SIDA Mises en place dans le cadre des programmes nationaux de lutte au Togo. Ces zones sont au bas de la hiérarchie et cela implique qu'on leur a accordé le moins d'attention pour les prestations de services publics sous quelque forme que ce soit. Cela vaut pour les activités relatives aux VIH/SIDA, lesquelles ont essentiellement eu pour cadre Lomé (la capitale) ou les grandes villes, mais pas les villages frontaliers qui sont généralement de taille réduite et isolés des centres économiques. Dans ce contexte les efforts de diffusion de l'information dans ce domaine sont insuffisants et l'accès aux préservatifs moins généralisé. De plus les centres de santé des régions en question ont besoins d'être améliorés pour pouvoir assurer les niveaux voulus de services préventifs et de soins.
D’autre part le SIDA comme on le dit souvent est une maladie de pauvres, même s’il peut frapper quiconque se livre à des relations sexuelles sans prendre de précautions nécessaires, et, pire encore, les enfants des femmes contaminées.
Certes, des actions sont en train d’être menées sur le terrain. Le gouvernement togolais a depuis 1987 mené des actions énergiques pour limiter la propagation du virus. Des résultats positifs et encourageants ont été atteints :
- la transmission par le sang a été réduite au maximum,
- les autorités sont ouverts au problème,
- les partenaires en développement et ONG répondent positivement à l’appel du gouvernement,
- la majorité de la population connaît la nature de l’épidémie et les moyens de prévention, et autres ont même commencé à mettre les connaissances en pratique et à adopter des comportements de vie idéales. Cependant, compte tenu de la propagation croissante des IST/SIDA beaucoup d’efforts restent
encore à faire dans le domaine de la transformation des mentalités et des comportements, un facteur déterminant dans la lutte contre ce fléau. C’est pourquoi le C.V.A. une ONG intervenant dans la préfecture de Danyi envisage entreprendre cette action d’éducation et de sensibilisation en vue de permettre d’endiguer l’épidémie de SIDA et de s’armer contre les conséquences d’une maladie qui pourra affecter durablement l’agriculture et le développement rural dans notre pays.
L’Origine : Propagation des IST/SIDA dans les cantons de YIKPA et KAKPA
(Des études menées par la FAO sur l’impact du SIDA sur l’agriculture en Afrique Orientale, Occidentale et Australe montrent que la population rurale en générale et les femmes en particulier sont les plus exposées). La zone du projet qui est avant tout une zone rurale et de surcroît une zone frontalière (Togo-Ghana) avec des nombreux mouvements de population, il est donc claire que le taux de propagation soit très élevé dans la mesure où les risques de contamination sont grands.
Recherche de Solution
A l’issue des multiples séances de travail avec les communautés en collaboration avec les services de santé publique et les Comités Villageois de Développement du milieu, il en ressort les dispositions suivantes.
Causes de la propagation du SIDA dans la préfecture de Danyi
- insuffisance d’équipement des centres de santé
- Insuffisance d’informations
- Accès difficile aux préservatifs
- Démographie galopante
- Effondrement des valeurs traditionnelles (valeurs religieuses, interdits,
tabous, rites et cérémonie)
- Méconnaissance des effets néfastes du SIDA sur l’agriculture
- Nombreux mouvements des populations (Togo-Ghana) des zones frontalières
et rurales
Solutions possibles
- Edition de manuels d’éducation à la vie familiale
- Formation des femmes relais ou des agents de terrains à l’enseignement
de l’éducation sanitaire et de prévention des IST/SIDA
- Education de la masse pour la prévention des IST/SIDA
- Alphabétisation des femmes des groupements et des comités
villageois de développement et prévention des IST/SIDA.
- Projection de diapo montrant les cas de IST/SIDA
- Causeries débat pour faire voir les différentes formes
de contamination.
Choix d’une Solution
Après une analyse d’efficacité et d’impact des différentes
solutions possibles et compte tenu du taux d’analphabétisme élevé
dans le milieu, il nous est paru évident de porter notre choix sur
la solution relative à une éducation de masse pour la prévention
des IST/SIDA à la formation des éducateurs-pairs et des intervenants
en matière de santé.
L’objectif global de ce projet est de réduire la transmission du VIH/SIDAH et des IST dans les cantons de YIKPA et KAKPA voire la préfecture de Danyi.
LES OBJECTIFS SPECIFIQUES
Ce projet vise à :
- Amener les femmes à apprécier objectivement le danger
réel que représentent les IST/SIDA ;
- Conscientiser les femmes et la communauté rurale dans son
ensemble sur les rôles qu’elles doivent jouer dans la lutte contre
ce fléau ;
- Amener les jeunes et les adultes à acquérir les connaissances,
les attitudes et des comportements nécessaires pour
faire face au problème du SIDA qui dépasse le cadre de
la santé, et concerne toute la société ;
- Former sur le tas des éducateurs-pairs et les intervenants
en matière de santé et d'éducation dans la prévention
des IST/SIDA ;
- Mettre en place des postes de relais dans chaque village ;
- Amener la population à prendre conscience de l’impact négatif
du SIDA sur l’agriculture ;
- 90 % de la population sont conscients des effets néfastes du
SIDA sur l’agriculture ;
- les connaissances acquises ont permis à plus de 80 % de la
population deconnaître davantage sur les différents modes
de transmission et les moyens de prévention du SIDA ; adopter
des comportements idéals de vie familiale vis-à-vis des IST
SIDA.
- 10 panneaux « info-SIDA » sont implanté dans les
10 villages à raison de 1 /village ;
- 300 éducateurs-pairs et intervenants en matière de
Santé et d’éducation dans la prévention des IST/SIDA
de la zone sont formés et mobilisés ;
- 3 000 capotes ont été vendus ;
- 10 postes de relais ont été mis en place à raison
de 1/village ;
- la propagation des IST/SIDA est réduite de plus 30 % dans
le milieu.
Le intervenants
En vue de mener à bien cette campagne, il sera mis à la
disposition du projet une équipe de spécialistes composée
de :
- un infirmier d’Etat
- un agent de promotion de sociale
Le groupe cible
Ce projet est une campagne d’Information, d’Education, de Communication
(IEC) et de formation des éducateurs-pairs et agents de santé
pour atteindre le groupe cible composé de l’ensemble de la population
des villages, des cantons de Yikpa et Kakpa, les femmes prioritairement,
les jeunes et les adultes tous ensemble confrontés à ce problème
de SIDA qui se pose avec acuité.
Dans le cadre de cette campagne, les stratégies suivantes seront adoptées :
- projection de films ;
- observation d’images ;
- causeries-débats pour faire voir les différentes
de contamination
- séance d’animation au cours de laquelle, les intervenants
feront leurs exposés en rapport au vécu quotidien des participants.
- Formation sur le tas des Educateurs-pairs et des intervenants en
matière de santé et d'éducation dans la prévention
des IST/SIDA
Ce sera des séances participatives où les participants et les formateurs échangeront leurs idées.
- Confection de panneaux pour servir de support didactique .
- Causeries éducatives sur les antennes de la Radio la vois
des Plateaux (RVP) les soirs (2 fois)/semaine pendant et après la
campagne.
Pour la réalisation de ce projet les diverses ressources à mettre en place sont :
Ressources humaines
* Deux animateurs de niveau appréciable seront mis à la disposition du projet pour s’occuper de l’animation, l’organisation, l’exécution, l’établissement des rapports et l’évaluation du projet.
* Une équipe de techniciens composée de :
- un infirmier d’état
- un agent de promotion sociale.
* Un caméraman
Ressources matérielles
Les matériels ci-après sont à acquérir afin de réaliser efficacement ce projet.
Ressources financières
(voir détail budget)
Cette évaluation devra se faire en deux étapes.
D’abord à partir des indicateurs et de certaines questions clées chaque formateur devra vérifier si l’objectif pédagogique a été atteint à la fin de son intervention.
L’évaluation générale menée avec les formateurs et les participants sur le dispositif et l’ensemble des séances permettra aux formateurs de faire des aménagements les sessions prochaines. Elles devra porter sur les points de vue des participants sur :
Le contenu du message, l’organisation matérielle, l’ambiance au cours des causeries, les acquis théoriques et pratiques, la transférabilité des participants, les suggestions des participants et le nombre de bénéficiaires touchés.
Afin de s’assurer la réussite du projet, il est prévu des séances périodiques de visite et de suivi avec l’appui de l’ONG «Ceinture Verte part l’Autopromotion». Ces visites porteront sur le degré d’assimilation de la formation reçue en la matière et de son application.
La Durée
Les travaux de cette campagne sont prévus pour une durée
de 3 mois à raison d’une couverture moyenne de 3 villages/mois.
Les villages concernés dans le cadre de ce projet sont : Yikpa Dafo,
Yikpa Anyigbe et Yikpa Djigbe pour le canton de Yikpa. Pour le canton de
Danyi, nous avons : Danyi N’digbé, Danyi Kakpa, Danyi Koudzravi,
Danyi Koudzra-Gabi, Danyi Koudzragan, Danyi Djédramé et Danyi
Kétémé.
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